NaFQuAir : quels impacts des bateaux fluviaux sur la qualité de l’air ?

Les bateaux fluviaux de croisière et de fret émettent des particules fines et ultrafines susceptibles d’affecter la qualité de l’air, aussi bien à bord des navires que dans les zones urbaines et portuaires.

Soutenu par l’ADEME, dans le cadre de l’appel à projets de recherche 2024 du programme AQACIA (Amélioration de la Qualité de l’Air : Comprendre, Innover, Agir), le projet NaFQuAir (Navigation Fluviale et Qualité de l’Air) est coordonné par le LEMTA. Il vise à mieux comprendre la dispersion de ces particules, à évaluer l’exposition des passagers et des riverains, et également à formuler des recommandations opérationnelles pour réduire l’exposition aux polluants des opérateurs et des riverains, et ainsi guider l’aménagement urbain et portuaire.

Mesurer, expérimenter et simuler

Pour étudier ce phénomène, le projet combine trois approches complémentaires :

  • des mesures in situ, réalisées dans des conditions réelles d’exploitation
  • des essais en soufflerie atmosphérique (Eiffel) pour valider les modèles
  • des simulations numériques (CFD), afin de modéliser la dispersion des polluants, du bateau jusqu’à l’échelle d’un quartier

Contrairement aux études existantes centrées sur les polluants gazeux ou utilisant des modèles simplifiés, le projet introduit une modélisation diphasique sophistiquée, couplée à une validation expérimentale multi-échelles. Il vise à produire un outil capable de prédire les zones présentant les niveaux d’exposition les plus importants. Les résultats contribueront à formuler des recommandations concrètes pour réduire cette exposition et accompagner les choix d’aménagement des espaces urbains et portuaires.

Une expertise coordonnée par le LEMTA

Coordonné par l’équipe « Fluides et écoulements complexes dans l’industrie et la nature », le projet NaFQuAir associe également l’ESTACA’Lab spécialisé dans la qualité de l’air, et le laboratoire Aérodynamique Eiffel qui conduira les essais en soufflerie atmosphérique.

Au LEMTA, Boris Arcen – coordinateur du projet, et Anne Tanière étudieront par simulation CFD la dispersion des polluants, depuis leur émission par le bateau jusqu’à leur propagation dans son environnement proche et à l’échelle d’un quartier.

Durée : 36 mois
Financement ADEME : 253 k€, dont 115 k€ pour le LEMTA